La servante écarlate

Titre : La servante écarlate

Auteur : Margaret Atwood

Genre : Littérature contemporaine

Éditeur : Robert Laffont

Date de publication : octobre 2015

Prix :  11,50€

Nombre de pages : 530

 

 

Résumé : Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

 

Récemment réexposé sur le devant de la scène grâce à son adaptation sur le petit écran, La servante écarlate (The Handmaid’s Tale, pour son titre original) est un roman écrit par Margaret Atwood dans les années 1980 qui résonne encore dangereusement dans l’actualité du 21e siècle.

Réalisée sur le mode de la dystopie, La servante écarlate imagine un monde futur, apocalyptique, dans lequel la fertilité est devenue une qualité très rare. Tant et si bien que les dernières femmes fécondes sont reléguées au rang d’esclaves sexuelles et n’ont pour autre droit que celui de porter l’enfant de la famille bourgeoise dans laquelle elles sont placées. Malmenée par cette dictature sans limites, Defred fait partie de ces femmes précieuses génétiquement parlant mais à la merci du Commandant et de son épouse.

A travers ses yeux, l’univers mis en place par Margaret Atwood nous est dévoilé progressivement. Grâce à une alternance finement imaginée entre un présent angoissant et un passé plus proche de notre société actuelle, le lecteur découvre avec une certaine fascination malsaine le chemin parcouru entre les deux époques.

Ce roman fait encore écho trente ans après sa première parution pour cette raison : l’histoire nous a appris et nous apprend encore que la liberté repose sur un socle fragile, qui peut s’effondrer plus rapidement qu’on ne le croit. C’est le propre d’une dystopie lorsqu’elle est bien conçue : amener le lecteur à s’interroger sur son époque à travers une autre poussée à l’extrême.

Dans cette dictature imaginée par Margaret Atwood, une liberté est plus particulièrement mise en péril : celle des femmes. Thématique chère à l’auteure, elle est ici mise en scène de façon sombrement réaliste, dans toutes les contradictions qu’elle représente.

Ces femmes fertiles sont dépossédées des qualités humaines qu’elles avaient à leur naissance, des années plus tôt, dans une autre époque. Une seule chose compte : leur capacité à enfanter. Plus de nom, plus d’histoire, plus de vêtements… toute leur personnalité est désormais établie d’avance : Defred, servante, robe rouge et œillères blanches…

Grâce à une plume habile, une focalisation interne et une narration finement construite, Margaret Atwood nous plonge dans une ambiance sombre, malsaine qui fascine autant qu’elle met mal à l’aise. La relation entre ces femmes écarlates interpelle : jusqu’où peut-on, doit-on résister à la dictature ?

La servante écarlate est un roman qui interroge : l’auteure met en place un monde extrême, avec des personnages terriblement réalistes, proches de nous, mais nous laisse finalement les clés pour réagir à cette histoire et y apporter des réponses qui résonneront avec la société actuelle.

 

La servante écarlate est devenu un classique de la littérature américaine contemporaine. Malgré un monde imaginaire éloigné du notre, la république de Gilead fascine autant qu’elle fait peur. Tant et si bien que certains lecteurs se sont posés la question, non sans une certaine panique : et si on en arrivait là ? C’est dire le talent de narratrice de Margaret Atwood qui, grâce à ce roman, a su éveiller les consciences.

 

La lecture de La servante écarlate a été réalisée en commun avec Clara du blog Croqueuse-Livres : retrouvez son avis ici !

 

La bande annonce de la série :

Please follow and like us: