À la lumière du petit matin

Titre : À la lumière du petit matin

Auteur : Agnès Martin-Lugand

Genre : Littérature contemporaine

Éditeur : Michel Lafon

Date de publication : mars 2018

Prix : 18,95€

Nombre de pages : 331

 

 

 

Résumé : À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter. Jusqu’au jour où le destin la fait trébucher… Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ?

 

Une fois de plus, Agnès Martin-Lugand créé une histoire portée par un personnage de femme entre deux âges, sûre d’elle et en même temps très fragile, à la recherche d’un bonheur a priori impossible à atteindre.

Mais À la lumière du petit matin possède un ton différent des précédents romans de l’auteure : un ton plus personnel, plus humain, qui entrera fortement en résonance avec les cœurs ouverts. Car, à travers le destin d’Hortense, somme toute assez ordinaire, c’est à toute une génération de femmes qu’Agnès Martin-Lugand s’adresse, et même au-delà : à toutes les femmes portées par un désir de liberté qu’une relation amoureuse vient étouffer.

Engagée dans une histoire avec un homme marié, Hortense sent sa vie s’étriquer au point que son humeur et sa façon de voir les choses déteignent sur l’unique stabilité de son existence : la danse. Danseuse professionnelle, cette belle femme de 40 ans enseigne sa passion dans une école où, bien entourée par ses jeunes élèves et ses collègues, elle semble s’épanouir pleinement.

Mais sa relation avec Eymeric vient ternir le tableau de ses sentiments : comment prendre son envol, tout en étant relégué au second rang ? Malgré elle, cette place sentimentale qui lui est attribuée prend le pas sur l’entièreté de sa vie. A tel point que l’inévitable finit par arriver : l’accident. La vie ne semble pas épargner Hortense et, pourtant, ce soir-là où sa cheville lui fait défaut signe le début de sa libération, la fin de l’emprise d’Eymeric.

Contrainte au repos, Hortense s’isole dans son jardin secret : le lieu de son enfance, là où règne le souvenir de ses parents décédés. Accueillie dans ce cocon de verdure par ses deux meilleurs amis, loin de Paris et de son rythme effréné, elle retrouve peu à peu le goût d’une vie légère, sans préoccupations autres que celles de redonner vie à ce lieu lointain en même temps qu’à la sienne. Portée par un projet audacieux de chambres d’hôtes, Hortense se redécouvre, se reconstruit pour arriver finalement à une situation que l’on attend pour elle depuis les premières pages du récit : son épanouissement total.

Malgré certaines tournures du récit attendues, ce nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand est un parcours de vie, une histoire dans laquelle on se retrouve et dont on ressort le cœur rempli d’espoir. On retrouve la plume fluide et très accessible de l’auteure qui porte son roman et nous permet d’accéder aisément à l’intériorité des personnages, notamment celle d’Hortense.

On comprend ses choix, on s’imagine à sa place d’autant plus si sa situation nous renvoie à la nôtre. La fragilité rend cette femme combattive et attachante : son parcours et la recherche de son bonheur deviennent notre. Si bien qu’une seule chose nous importe : tourner les pages pour en découvrir le dénouement, à savoir l’apaisement.

 

Un roman qui s’inscrit dans la veine de la littérature « feel good » : ces histoires qui, une fois racontées, nous apportent une certaine sérénité. Le parcours de ces personnages réalistes et touchants nous offre un moment agréable de lecture, rempli d’humanité.

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J’ai toujours cette musique dans la tête

Titre : J’ai toujours cette musique dans la tête

Auteur : Agnès Martin-Lugand

Genre : Littérature contemporaine

Editeur : Michel Lafon

Date de publication : mars 2017

Prix : 18,95€

Nombre de pages : 361

 

 

 

Résumé : Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin. Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

 

Comme ses précédents titres, ce nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand était très attendu. On retrouve sa plume agréable et fluide qui porte une histoire dans laquelle l’inattendu vient se mêler au quotidien. Encore une fois, les personnages sont des hommes et des femmes qui lui ressemblent : la petite quarantaine, une vie de couple et de famille épanouie… Bref, un idéal de vie bourgeoise peint de façon convenue mais parlante.

Toutefois, J’ai toujours cette musique dans la tête possède une tonalité jusqu’alors inconnue chez cette auteure à succès : le suspense. Car sous cette apparence parfaite, on pressent un événement plus noir arriver, déjà amené par la quatrième de couverture du livre. Plus qu’un spoiler, cette annonce crée en réalité une tension permanente pendant la lecture. Quand et surtout comment le vernis de cette vie parfaite va-t-il s’effriter ?

Au fil des pages, l’auteure construit le récit de façon à endormir l’attention de ses personnages et, par extension, de ses lecteurs. Mais lorsqu’il tombe, très tardivement, le couperet n’est pas aussi spectaculaire que le trailer pouvait le laisser croire. Le moment de basculement se fait de façon brutale, violente, mais finalement peu crédible. La tombée du voile est impromptue et la période sombre, en proie au doute, est minimisée aussi bien dans le temps que dans l’action. Le récit se veut positif, résolu, et toute la tension dramatique suscitée pendant la moitié du roman retombe comme un soufflet.

Le schéma narratif de ce livre n’est pas sans rappeler un de ses contemporains : D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan. Alors que l’héroïne traverse une période de doute, un autre personnage vient s’intégrer doucement au cadre, apparaissant alors comme une personne providentielle, présente pour apporter une solution à cette situation de crise. Une fois intégré, il se rend progressivement indispensable, toujours sous couvert d’une bienveillance endormante, et arrive ainsi à susciter une confiance aveugle de la part de l’héroïne. Dans le roman d’Agnès Martin-Lugand, on est bien loin de cette dimension terrifiante amenée de façon subtile et spectaculaire par Delphine de Vigan… Pourtant, l’alternance des points-de-vues entre Véra et Yanis permettait également de plonger le lecteur dans le regard aveugle de ces deux victimes et endormir ainsi toute méfiance vis-à-vis du comportement des autres personnages.

 

Agnès Martin-Lugand nous surprend dans ce nouveau roman qui mêle une tension dramatique forte au quotidien embelli d’un couple solide. Mais le basculement final peut décevoir et inscrire cette auteure dans le paysage de la littérature française du divertissement.

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