La fille du train

Titre : La fille du train

Auteur : Paula Hawkins

Genre : Thriller

Éditeur : Sonatine

Date de publication : mai 2015

Prix : 19,95€

Nombre de pages : 378

 

 

 

Résumé : Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller et revenir de Londres. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe une jolie maison. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle aperçoit derrière la vitre : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Mais un matin, elle découvre un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

 

A cheval entre thriller et roman psychologique, La Fille du train se situe dans la lignée des Apparences de Gilian Flynn. On remarque dès les premières pages de nombreuses similitudes entre les deux récits : un couple en apparence idéal, bien sous tous rapports. Jusqu’à ce que la vitrine éclate. Toutefois, le roman de Paula Hawkins possède de nombreux éléments romanesques qui lui sont propres, à commencer par ses personnages. En face du couple idéal se situe Rachel, la figure même de l’anti-héroïne.

En proie à de nombreux maux, la jeune femme est à la dérive, aussi bien dans sa vie professionnelle que sur le plan intime. Depuis que son mari l’a quittée pour une autre femme, Rachel semble combler le grand vide de son existence par l’alcool qui devient rapidement une addiction.

L’auteure joue alors sur ce point précis pour instaurer le doute dans la tête du personnage et dans celle du lecteur. Elle est le témoin clé d’une enquête et, pourtant, son comportement incohérent et obsessionnel la discrédite entièrement. le doute s’installe et constitue ainsi la base de l’intrigue. Car, même si nous avons accès à l’intériorité d’autres personnages, Rachel reste la narratrice de l’histoire. Sa fragilité psychologique se révèle donc être un gros handicap pour le lecteur qui remet en question ses dires. Là encore, les apparences occupent une place primordiale.

Mais nous savons que les apparences sont trompeuses, surtout lorsqu’elles sont vues par un personnage qui n’inspire pas confiance. C’est là que se situe le talent narratif de Paula Hawkins : faire douter pour mieux manipuler. Une fois le portrait de ses personnages dressé, elle amène un élément qui vient chambouler l’idée que le lecteur a pu se faire de tel ou tel protagoniste. Si bien que les hypothèses quant au coupable présumé vont et viennent sans qu’on sache qui a vraiment tué Megan Hipwell. Finalement, on soupçonne tout le monde, sauf le meurtrier.

La Fille du train est un roman psychologique réussi, porté par une écriture simple mais efficace. Le lecteur se laisse facilement berner, sans doute pour son plus grand plaisir. Le rythme imposé par la succession des points-de-vues vient se confronter à celui du récit, qui fonctionne en crescendo. Alors que la première partie élabore le paysage et le chaos intérieur des personnages, la seconde donne un coup d’accélérateur à une dynamique assez lente d’observation.

Nous sommes dans la tête de Rachel ; cependant, il est difficile de donner du crédit ou même s’attacher à ce personnage à la dérive. Son histoire personnelle permet de comprendre son comportement, sans toutefois l’approuver. Cette partie initiale du récit est finalement portée exclusivement par les délires d’une alcoolique en proie à un profond mal-être. Puis cette dimension contemplative est rompue par la disparition d’un personnage, ce qui va dérouter le récit et faire débuter une intrigue quelque peu macabre. Là encore, il ne faut pas se fier aux maigres connaissances offertes par l’auteure : elles ne sont données que pour aguicher et mieux manipuler le lecteur !

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