What light

Titre : What Light

Auteur : Jay Asher

Genre : Littérature jeunesse

Editeur : Michel Lafon

Date de publication : octobre 2017

Prix : 14,95€

Nombre de pages : 284

 

 

 

Résumé : Un premier amour inattendu

Le poison de la rumeur

Le récit d’une seconde chance

 

Après le succès de son précédent livre adapté par Netflix sous le même titre, 13 reasons why, Jay Asher revient avec un nouveau roman mettant également en scène des relations houleuses entre plusieurs adolescents.

Cette histoire se passe cette fois dans une période très restreinte, à savoir à Noël. Le récit s’ouvre sur la vie d’une adolescente bien entourée par sa famille et ses deux meilleures amies. Jusqu’à ce que, comme tous les ans, elle parte avec ses parents faire tourner l’entreprise familiale de vente de sapins, à plusieurs kilomètres de l’Oregon, en Californie. A ce moment-là débute réellement l’histoire : comment une adolescente studieuse, bien entourée, va-t-elle voir sa vie basculer lors d’une rencontre ?

 

Pour son deuxième roman, Jay Asher choisit une ambiance beaucoup moins sombre que dans le livre précédent, mais aussi moins marquante. On laisse donc de côté le thème du suicide pour celui d’une relation amoureuse plus commune entre deux adolescents. Un point commun entre les deux histoires cependant : le poids de la rumeur. Mise en scène de façon moins excessive, elle s’insinue dans la petite ville de Californie et vient rapidement s’immiscer dans les conversations des habitants.

Comme chaque année à Noël, Sierra arrive donc dans l’entreprise familiale et retrouve son amie d’enfance. Mais cette année, et contre toute attente, la jeune femme fait une rencontre qui pourrait bien changer sa façon de voir le monde. Poussée par son amie, Sierra accepte – plus pour mettre fin au débat que par réelle conviction – de s’ouvrir à une relation amoureuse. Elle fait la connaissance de Caleb, un jeune homme mystérieux, qui semble beaucoup s’intéresser à elle.

Mais, alors qu’elle commence à se prêter au jeu de la fameuse rencontre, Sierra est stoppée net par son amie : une rumeur court sur Caleb, le rendant alors inaccessible. Accusé à tort ou non (nous ne le découvrirons que bien plus tard, en même temps que l’héroïne), toute la ville semble se fier à cette rumeur. Caleb est traité comme un être dangereux, à ne pas approcher de trop près, autant par les adolescents que par les adultes. Mais, troublée par le charme et le mystère du jeune homme, Sierra décide malgré tout de découvrir la vérité.

De la même façon que pour 13 reasons why, What light montre la force dévastatrice de la rumeur et les conséquences qu’elle peut engendrer autant pour les responsables que pour les victimes. En cela, l’œuvre de Jay Asher transmet une touchante leçon d’humanité : les victimes ne sont pas forcément celles que l’on croit.

Toutefois, la portée de ce nouveau récit est beaucoup plus timide que le précédent. Alors que 13 reasons why transmettait un tumulte d’émotions navigant entre peur et frissons, What Light laisse une impression beaucoup plus fade à la lecture. Certes, les relations d’amitié entre l’héroïne et son entourage sont souvent touchantes, mais faciles et sans grand risque. Le portrait de chaque personnage est réalisé de façon simple, voire caricaturale : face à la jeune femme studieuse, généreuse, se protégeant des relations amoureuses, se dresse le jeune homme sombre, mystérieux, au passé trouble.

Quand on repense à l’originalité et la subtilité avec laquelle Jay Asher traitait d’un sujet aussi sensible que le suicide, quelle déception de le retrouver dans une histoire d’amour entre deux adolescents aux traits déjà vus et revus ! Heureusement, l’écriture agréable de l’auteur et la période lumineuse de Noël offrent à cette histoire trop commune une couverture chaude et soigneuse.

 

Une histoire lumineuse à lire au coin du feu pendant la période de Noël. On regrettera toutefois la disparition complète de toute l’originalité de l’auteur de 13 reasons why, à savoir des personnages subtilement travaillés et dont les relations aussi passionnelles que destructrices ont contribué à créer une atmosphère dangereusement intense. Dommage !

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A la place du cœur

Titre : A la place du cœur

Auteur : Arnaud Cathrine

Genre : Littérature jeunesse

Éditeur : Robert Laffont

Date de publication : septembre 2016

Prix : 16€

Nombre de pages : 252

 

 

 

Résumé : Six jours dans la vie de Caumes qui vit son premier amour. Six jours de janvier 2015 où la France bascule dans l’effroi. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu’une chose : à la fin de l’année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther – sujet de tous ses fantasmes – se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un « plus si affinités »…

Nous sommes le mardi 6 janvier 2015 et le monde de Caumes bascule : le premier amour s’annonce et la perspective obsédante de la « première fois ». Sauf que le lendemain, c’est la France qui bascule à son tour : deux terroristes forcent l’entrée du journal Charlie Hebdo et font onze victimes…

À la place du cœur, c’est ça : une semaine, jour après jour, et quasiment heure par heure, à vivre une passion sauvageonne et exaltante ; mais une semaine également rivée sur les écrans à tenter de mesurer l’horreur à l’œuvre, à tenter de ne pas confondre l’information en flux continu avec un thriller télé de plus. Comment l’amour (qui, par définition, postule que « le monde peut bien s’écrouler ») cohabite-t-il avec la mort en marche ? Comment faire tenir ça dans un seul corps, dans une seule conscience ? Comment respirer à fond le parfum de la fille qu’on aime et comprendre, dans le même temps, que le monde qui nous attend est à terre ?

 

Sujet sensible, le terrorisme envahit nos villes, nos pensées, notre culture. Et pourtant, il demeure peu visible dans notre littérature, spécifiquement à l’égard du jeune public. Comment transmettre ce phénomène qui agite notre société quand nous-même ne le comprenons pas ? Là est le pouvoir de la fiction.

Déjà connu pour bousculer les consciences et parler de sujets épineux, Arnaud Cathrine emploie dans ce roman pour grands enfants et adolescents des mots bruts, un niveau de langue familier mais adapté pour parler avec douceur et sensibilité d’un thème d’une grande violence.

En confrontant son narrateur à un événement que bon nombre d’adolescents vivent à cet âge (à savoir les premières expériences amoureuses), l’auteur allège un récit qui aurait pu s’avérer très lourd, de forme comme de sens. Vie et mort se côtoient alors dans la vie du jeune Caumes qui, désemparé, éprouve une culpabilité certaine à être heureux dans un tel moment d’effroi. Car, comment participer à la construction de son identité quand celle de son pays est remise en question ?

Violence physique, violence psychique, violence verbale : les événements s’enchaînent et les comportements changent. Un troisième élément du récit vient bouleverser ce jeune garçon qui peine à donner un sens au chaos qui se forme autour de lui. Parallèlement à son histoire d’amour naissante, Caumes voit un de ses liens d’amitié se tordre. Il n’est pas le seul à se chercher, à difficilement trouver son identité propre. Néanmoins, le parcours de son ami Hakim semble plus compliqué à tracer encore, et établit (indirectement peut-être) une illustration parfaite de la violence à grande échelle dans laquelle la France bascule à cet instant. Le jeune homme se retrouve au cœur d’une intimidation lancée par un groupe de lycéens : avec un prénom d’origine arabe, une sagesse d’esprit et une identité sexuelle encore très floue, Hakim semble être la cible parfaite pour Kévin et son groupe, les caïds du lycée. Sans doute une manière pour l’auteur d’exprimer un appel à la tolérance, de montrer que les rôles de victimes et de bourreaux peuvent à tout moment s’inverser, y compris dans un milieu protégé comme le cadre scolaire.

A l’image de son frère, Caumes veut s’inscrire dans le grand chamboulement politique qui transperce le pays. Mais comment trouver sa place dans toute cette agitation politique à laquelle même les adultes semblent ne rien comprendre, outre la violence et le danger qui en découlent ? L’occasion pour Caumes et ses amis de compter et d’agir sans l’accord de leurs parents respectifs. Car c’est aussi cela grandir : se construire une identité de corps, de cœur et d’esprit ; les événements tragiques ne faisant que faire basculer plus rapidement les adolescents de l’innocence de l’enfance à la gravité de l’âge adulte.

 

A travers une écriture ultra-contemporaine et mimétique du langage adolescent, Arnaud Cathrine réussit à mettre les mots et l’esprit sur une page sombre de notre histoire. En croisant plusieurs événements apparemment sans lien direct entre eux, il dresse un roman clé sur la tolérance et la construction de l’identité dans un monde chaotique, incompréhensible, mais toujours rattaché à la vie.

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Phobos, tome 3

Titre : Phobos, tome 3

Auteur : Victor Dixen

Genre : Littérature jeunesse

Editeur : Robert Laffont

Date de publication : novembre 2016

Prix : 18,90€

Nombre de pages : 624

 

 

 

Résumé :

FIN DU PROGRAMME GENESIS DANS
1 MOIS…
1 JOUR…
1 HEURE…

ILS SONT PRÊTS À MENTIR POUR SAUVER LEUR PEAU.

Ils sont les douze naufragés de Mars.
Ils sont aussi les complices d’un effroyable mensonge. Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre.

ELLE EST PRÊTE À MOURIR POUR SAUVER LE MONDE.

Au risque de sa vie, Léonor est déterminée
à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ?

MÊME SI LE COMPTE À REBOURS EXPIRE, IL EST TROP TARD POUR RENONCER.

 

Avec ce troisième opus de la saga Phobos, Victor Dixen signe un tome très mouvementé : entre questions existentielles et retournements de situation fréquents, le rythme que nous impose la lecture relève d’un véritable marathon. Et pour cause : il faut tenir le lecteur éveillé pendant plus de 600 pages ! La dimension addictive liée à l’écriture est donc toujours présente au même niveau, bien que le récit aurait gagné en respiration à être divisé en deux tomes. Remercions toutefois l’éditeur de ne pas avoir succombé à cette tentation, chère aux adaptations cinématographiques de sagas pour adolescents.

On retrouve avec plaisir la galerie de personnages présents dans les deux premiers tomes, sans oublier le hors-série : l’auteur adresse de nombreux clins d’œil aux adeptes de la série, en rappelant le passé des garçons sous forme de fragments. L’attachement à ces jeunes adultes n’en est que renforcé, contrairement à la nouvelle génération de pionniers qui ont également signé pour Mars.

Comme dans le premier tome, chacun est rapidement présenté sous forme de tableau comprenant les noms, les pays d’origine ainsi que l’argent récolté auprès des téléspectateurs. Toutefois, nous ne voyons ces nouveaux visages que de loin, à travers la chaîne Genesis. Nulle possibilité donc de connaître, et encore moins de s’attacher, à ces personnalités.

Un choix considéré de la part de l’auteur qui a pris le parti de développer d’autres personnages déjà présents dans l’aventure. Alors qu’elle était souvent relayée au second plan dans les tomes précédents, Harmony s’impose sur le devant de la scène dans un récit parallèle au récit cadre. Elle va se retrouver confrontée malgré elle à une question d’ordre scientifique et moral, qui effleurera également l’esprit du lecteur : doit-on tout faire pour accéder à la jeunesse éternelle ? Encore une fois, le développement de ce personnage sera lié à celui de sa mère, Serena, dont la personnalité déjà très noire s’assombrira encore plus.

Bien que Phobos ne soit pas une dystopie, Victor Dixen joue avec les codes du genre, en nous proposant un « avant », avant qu’un pouvoir drastique ne soit mis en place. Car Serena McBee ne se contente pas contrôler une émission de télé-réalité (bien que mondialement suivie). Son ambition est d’accéder à la présidence des États-Unis : un projet fou pour nous lecteurs qui connaissons son vrai visage, mais bien sensé pour les partenaires de Genesis et la population, envoûtés par le charisme de cette femme qui excelle dans l’art de dissimuler sa soif de pouvoir.

Elle se fabrique une image lisse, humaine, en apparence transparente, qui dissimule à la perfection ses actes meurtriers. Tout est sombre chez cette femme dont le comportement manipulateur fait frissonner, d’autant plus qu’elle est hissée au sommet par le public. Un personnage tissé à la perfection dans le rôle du méchant, qui n’est pas sans rappeler certains passages de l’Histoire…

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Songe à la douceur

Titre : Songe à la douceur

Auteur : Clémentine Beauvais

Genre : Littérature jeunesse

Editeur : Sarbacane

Date de publication : août 2016

Prix : 15,50€

Nombre de pages : 240

 

 

 

Résumé : Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?
Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

 

Avec ce nouveau roman, Clémentine Beauvais signe son entrée dans la cour des grands. Car, même s’il n’est pas classé parmi les adultes, ce livre ne s’adresse pas seulement à ces adolescents qui, peut-être, ne percevront pas toute la magie et le désespoir que comporte cette histoire d’amour impossible.

Cette histoire est celle d’une rencontre fortuite, incongrue, tout sauf romantique. Eugène et Tatiana sont là pour accompagner leurs deux amis, follement amoureux. Tenir la chandelle à deux, pourquoi pas. Ils apprennent à se connaître au détour d’un café, d’une réception, d’une promenade à quatre. le charme s’opère sur la jeune Tatiana, mais fait fuir son compagnon d’infortune. « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans » : Eugène le sait, le vit, et s’en mordra les doigts dix ans plus tard… Tatiana, blessée et malheureuse, vit alors son premier chagrin d’amour.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’auteure effectue des sauts dans le temps aux moments opportuns du récit et joue ainsi avec la frustration du lecteur. Il faudra attendre plusieurs pages avant d’apprendre que la jeunesse des deux personnages ne fut pas la seule raison de leur échec amoureux. Au détour d’une conversation entre adultes, le roman prend alors une tournure bien plus dramatique que prévu.

Songe à la douceur célèbre l’amour, mais également la maturation d’un homme et d’une femme séparés par la fougue que fut leur jeunesse. Clémentine Beauvais dessine le portrait d’un quatuor contraire, mais complémentaire. Alors que le premier duo est amoureux, passionné, frivole ; le second est distant et introverti. Mais un saut de dix années dans le temps semble changer beaucoup de choses : on retrouve Tatiana et Eugène, jeunes adultes et transformés.

Elle est indépendante, gracieuse, plongée dans une thèse artistique ; lui a perdu toute frivolité, est un homme d’affaire ennuyeux, mais retrouve un éclat et une insouciance au contact de celle qui, autrefois, le laissait de marbre. Les retrouvailles de ces deux personnages se réalisent comme une danse, celle de la passion oubliée, fragilisée par un secret inconnu pour le lecteur.

Cette danse verbale est d’autant plus belle qu’elle est mise en lumière par l’écriture visuelle de l’auteure. On entend la musique au travers des mots : celle à la fois légère et onirique mais qui, à la seconde d’après, sombre dans un jeu de percussions qui prend aux tripes. le barrage que pourrait constituer une écriture en vers libres à la lecture prend alors tout son sens ; et va même au-delà : elle devient indispensable.

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Miss Peregrine et les enfants particuliers

Titre : Miss Peregrine et les enfants particuliers

Auteur : Ransom Riggs

Genre : Littérature jeunesse

Editeur : Bayard jeunesse

Date de publication : juin 2011

Prix : 15€

Nombre de pages : 432

 

 

 

Résumé : Une histoire merveilleusement étrange, émouvante et palpitante. Un roman fantastique qui fait réfléchir sur le nazisme, la persécution des juifs, l’enfermement et l’immortalité. Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé un partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela paraisse…

 

A la croisée des chemins entre réalité et surnaturel, ce premier opus de la célèbre saga pour adolescents excelle dans la mise en scène d’un univers original, aux allures sombres et envoûtantes. De la même façon que Camille dans La Quête d’Ewilan, on suit ici le personnage de Jacob qui découvre malgré lui un monde parallèle bien plus attrayant que la réalité qu’il côtoie. Intrigué par les découvertes récentes sur le passé de son grand-père, le jeune garçon se lance dans une enquête sur des phénomènes étranges, qui le dépassent.

Cette quête de la vérité devient rapidement une obsession : Jacob plonge littéralement dans un monde éloigné de la réalité, qu’il est le seul à pouvoir appréhender. Envers et contre tous, il continue donc ses recherches et se rend sur les lieux des mystérieux incidents décrits par son aïeul.

La rencontre avec une jeune fille très particulière va définitivement envoler les derniers doutes de Jacob et changer le cours de sa vie. Petit à petit, Jacob va trouver des réponses aux nombreuses questions qui fusent dans sa tête et rassembler chaque pièce du puzzle sur le passé de son grand-père et son implication dans cet univers parallèle.

Avec Miss Peregrine, Ransom Riggs signe une série fantastique haute en couleurs avec des personnages particuliers et très attachants. La menace extérieure qui pèse sur chacun d’eux rend cet univers encore plus instable et terrifiant, ce qui participe à l’implication obsessionnelle du jeune narrateur et la nôtre.

Mais sous cette couche fantastique se dissimule des faits historiques réels, liés à la seconde guerre mondiale. Le point de départ de cette histoire est en effet lié au personnage du grand-père qui a subi les sévices du nazisme : cet élément narratif constitue la base du récit.

Le monde parallèle élaboré par l’auteur est établi comme une allégorie des persécutions à cette époque. Fantastique et réalisme se mélangent de façon implicite : de la même façon que les juifs, ces enfants si particuliers se cachent du monde extérieur et cherchent à tout prix à éviter un bombardement par les nazis qui causerait leur perte. Plus largement, la mise en place de cet orphelinat est une image singulière qui montre de façon grandiose l’absurdité et la cruauté des persécutions par les humains à l’encontre des minorités.

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Phobos, Origines

Titre : Phobos, Origines

Auteur : Victor Dixen

Genre : Littérature jeunesse

Editeur : Robert Laffont

Date de publication : juin 2016

Prix : 14,90€

Nombre de pages : 304

 

 

 

Résumé :

Six pionniers en apparence irréprochables.
Six jeunes terriens rongés par leurs secrets.
Six dossiers interdits, qui auraient dû le rester.

Ils incarnent l’avenir de l’humanité.
Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis,

L’émission de speed-dating la plus folle de l’histoire,

Destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars.

Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction.
Ils dissimulent un lourd passé.
Le courage suffi t-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ? La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ? Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs sur les  » héros de l’espace  » ?
Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu’il ne soit trop tard.

 

Dans ce nouvel opus de la saga spatiale, Victor Dixen revient sur les origines des six prétendants du programme Genesis : quelle est leur histoire ? Qu’est-ce qui a poussé chacun d’entre eux à se lancer dans cette aventure à la conquête de Mars ? Toutes ces interrogations sur la vie des personnages trouvent une réponse dans un roman choral : les points-de-vues s’alternent, donnant un rythme de lecture intense, et finissent par se recouper. Tour à tour, les garçons prennent la parole, nous livrent leur intériorité et dressent ainsi six portraits très différents mais tout à fait crédibles. Toutefois, le programme Genesis n’est jamais très loin.

Alors que le lecteur, connaisseur ou non de la saga, apprend rapidement à connaître chaque prétendant, les chapitres alternent entre « voix on » et « voix off », partageant alors les différentes étapes avant la sélection de chaque candidat. Mais, contrairement aux deux premiers tomes de la saga, le point-de-vue adopté est toujours celui du prétendant, nous n’avons en aucun cas accès à la face cachée de la caméra. L’objectif de ce récit « hors série » est de faire une pause dans l’intrigue de la saga Phobos, afin de mettre en lumière les raisons qui font que ces six garçons se sont lancés dans le programme Genesis.

Une fois de plus, la richesse de l’imagination de l’auteur est au rendez-vous. Non pas dans la construction d’un univers de science-fiction, mais dans l’élaboration de six parcours de vie, aussi passionnants les uns que les autres. Phobos possède cette qualité romanesque mise en scène de façon remarquable par l’auteur : le suspense est à son comble et est ici renforcé par un rythme de lecture à toute épreuve. La construction du récit en six actes, ainsi que l’alternance des voix hors antenne rendent le récit savoureux et inscrivent la lecture dans un rapport de dévoration.

Chez Victor Dixen, suspense rime avec frustration : encore une fois, le livre se finit en apothéose par une révélation qui ne manque pas de renforcer un désir déjà insatiable de lecture !

Alors qu’il nous avait habitués à un récit compris dans une pagination très dense, l’histoire de chaque prétendant est ici relatée dans une cinquantaine de pages seulement. Cet espace d’écriture minime bouscule le lecteur : il met à mal la relation d’attachement à chaque personnage.

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