En nous beaucoup d’hommes respirent

Titre : En nous beaucoup d’hommes respirent

Auteur : Marie-Aude Murail

Genre : Littérature contemporaine

Éditeur : L’Iconoclaste

Date de publication : août 2018

Prix : 20€

Nombre de pages : 440

 

 

Résumé : Le grand roman d’une famille française sur trois générations, de 14-18 aux années 2000. Un texte constitué à partir d’archives familiales exceptionnelles. Des albums photo, des menus de mariage, des images de communion, des dents de lait, des documents administratifs, des centaines de lettres, des journaux intimes… Voilà le trésor que Marie-Aude découvre en vidant la maison de ses parents. En ouvrant les boîtes à archives, les morts se réaniment. Devant elle se déroule ce grand roman familial. C’est l’histoire des Murail qui se dessine. Mais plus encore, celle de toute famille française. En nous beaucoup d’hommes respirent est une enquête intime. Une plongée dans un récit familial, à la fois commun et singulier.

 

Tout commença par une malle découverte, regorgeant de trésors familiaux enfouis. Une malle que Marie-Aude Murail décide d’ouvrir et de partager avec ses lecteurs. À travers cette histoire, c’est celle de ses ancêtres que l’on lit : successivement, on rencontre Raoul, Cécile, Gérard, Maïté… Jusqu’à descendre à Marie-Aude, à son enfance et sa rencontre précoce avec son époux Pierre.

A l’aide d’archives, de lettres d’amour, de fragments de journaux intimes et de photos, elle reconstitue petit à petit la généalogie de ses ancêtres et semble découvrir en même temps que nous la place qu’occupe son histoire familiale dans sa propre existence, ainsi que dans son œuvre littéraire. Car, en retraçant – littéralement – l’arbre généalogique des Murail, Marie-Aude nous offre un éclaircissement sur le façonnement de ses romans.

Qu’on soit lecteur de Passage ou de Oh boy !, qu’on l’ai été enfant, ou qu’on le devienne adulte, les livres de Marie-Aude Murail s’ouvrent à nous, prennent une autre dimension, plus proche, plus intime. Elle nous ouvre les portes de sa création inconsciemment ancrée dans sa fresque familiale.

Publié à l’attention des adultes, ou des anciens enfants, ce nouvel ouvrage ne se place pourtant pas si loin des romans pour la jeunesse écrits par l’auteure. Sa plume se veut plus détachée, elle décortique, analyse, reconstitue. Mais l’esprit de conte, la capacité à raconter des histoires et à fasciner à travers elles est toujours là : sous le regard de Marie-Aude, ses ancêtres prennent tour à tour l’allure de personnages.

Chaque rencontre est soudaine, on s’attache à eux, on vit avec eux l’instant de quelques pages, on parcourt les lettres, les visages dans le but ferme de connaître leur histoire et ses rebondissements. Peu à peu, cette peinture familiale devient la nôtre, on l’assimile et on se l’approprie jusqu’à rencontrer l’auteure, elle-même personnage de son livre.

La dernière partie de l’ouvrage prend alors tout son sens, et on comprend avec un certain attendrissement l’accomplissement littéraire et personnel de Marie-Aude Murail. Tant et si bien, qu’une fois le livre refermé, tous ces personnages qui ont été les nôtres le temps du récit nous poussent à chercher nos propres fantômes, et à découvrir qu’en nous aussi beaucoup d’hommes respirent.

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La servante écarlate

Titre : La servante écarlate

Auteur : Margaret Atwood

Genre : Littérature contemporaine

Éditeur : Robert Laffont

Date de publication : octobre 2015

Prix :  11,50€

Nombre de pages : 530

 

 

Résumé : Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

 

Récemment réexposé sur le devant de la scène grâce à son adaptation sur le petit écran, La servante écarlate (The Handmaid’s Tale, pour son titre original) est un roman écrit par Margaret Atwood dans les années 1980 qui résonne encore dangereusement dans l’actualité du 21e siècle.

Réalisée sur le mode de la dystopie, La servante écarlate imagine un monde futur, apocalyptique, dans lequel la fertilité est devenue une qualité très rare. Tant et si bien que les dernières femmes fécondes sont reléguées au rang d’esclaves sexuelles et n’ont pour autre droit que celui de porter l’enfant de la famille bourgeoise dans laquelle elles sont placées. Malmenée par cette dictature sans limites, Defred fait partie de ces femmes précieuses génétiquement parlant mais à la merci du Commandant et de son épouse.

A travers ses yeux, l’univers mis en place par Margaret Atwood nous est dévoilé progressivement. Grâce à une alternance finement imaginée entre un présent angoissant et un passé plus proche de notre société actuelle, le lecteur découvre avec une certaine fascination malsaine le chemin parcouru entre les deux époques.

Ce roman fait encore écho trente ans après sa première parution pour cette raison : l’histoire nous a appris et nous apprend encore que la liberté repose sur un socle fragile, qui peut s’effondrer plus rapidement qu’on ne le croit. C’est le propre d’une dystopie lorsqu’elle est bien conçue : amener le lecteur à s’interroger sur son époque à travers une autre poussée à l’extrême.

Dans cette dictature imaginée par Margaret Atwood, une liberté est plus particulièrement mise en péril : celle des femmes. Thématique chère à l’auteure, elle est ici mise en scène de façon sombrement réaliste, dans toutes les contradictions qu’elle représente.

Ces femmes fertiles sont dépossédées des qualités humaines qu’elles avaient à leur naissance, des années plus tôt, dans une autre époque. Une seule chose compte : leur capacité à enfanter. Plus de nom, plus d’histoire, plus de vêtements… toute leur personnalité est désormais établie d’avance : Defred, servante, robe rouge et œillères blanches…

Grâce à une plume habile, une focalisation interne et une narration finement construite, Margaret Atwood nous plonge dans une ambiance sombre, malsaine qui fascine autant qu’elle met mal à l’aise. La relation entre ces femmes écarlates interpelle : jusqu’où peut-on, doit-on résister à la dictature ?

La servante écarlate est un roman qui interroge : l’auteure met en place un monde extrême, avec des personnages terriblement réalistes, proches de nous, mais nous laisse finalement les clés pour réagir à cette histoire et y apporter des réponses qui résonneront avec la société actuelle.

 

La servante écarlate est devenu un classique de la littérature américaine contemporaine. Malgré un monde imaginaire éloigné du notre, la république de Gilead fascine autant qu’elle fait peur. Tant et si bien que certains lecteurs se sont posés la question, non sans une certaine panique : et si on en arrivait là ? C’est dire le talent de narratrice de Margaret Atwood qui, grâce à ce roman, a su éveiller les consciences.

 

La lecture de La servante écarlate a été réalisée en commun avec Clara du blog Croqueuse-Livres : retrouvez son avis ici !

 

La bande annonce de la série :

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À la lumière du petit matin

Titre : À la lumière du petit matin

Auteur : Agnès Martin-Lugand

Genre : Littérature contemporaine

Éditeur : Michel Lafon

Date de publication : mars 2018

Prix : 18,95€

Nombre de pages : 331

 

 

 

Résumé : À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter. Jusqu’au jour où le destin la fait trébucher… Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ?

 

Une fois de plus, Agnès Martin-Lugand créé une histoire portée par un personnage de femme entre deux âges, sûre d’elle et en même temps très fragile, à la recherche d’un bonheur a priori impossible à atteindre.

Mais À la lumière du petit matin possède un ton différent des précédents romans de l’auteure : un ton plus personnel, plus humain, qui entrera fortement en résonance avec les cœurs ouverts. Car, à travers le destin d’Hortense, somme toute assez ordinaire, c’est à toute une génération de femmes qu’Agnès Martin-Lugand s’adresse, et même au-delà : à toutes les femmes portées par un désir de liberté qu’une relation amoureuse vient étouffer.

Engagée dans une histoire avec un homme marié, Hortense sent sa vie s’étriquer au point que son humeur et sa façon de voir les choses déteignent sur l’unique stabilité de son existence : la danse. Danseuse professionnelle, cette belle femme de 40 ans enseigne sa passion dans une école où, bien entourée par ses jeunes élèves et ses collègues, elle semble s’épanouir pleinement.

Mais sa relation avec Eymeric vient ternir le tableau de ses sentiments : comment prendre son envol, tout en étant relégué au second rang ? Malgré elle, cette place sentimentale qui lui est attribuée prend le pas sur l’entièreté de sa vie. A tel point que l’inévitable finit par arriver : l’accident. La vie ne semble pas épargner Hortense et, pourtant, ce soir-là où sa cheville lui fait défaut signe le début de sa libération, la fin de l’emprise d’Eymeric.

Contrainte au repos, Hortense s’isole dans son jardin secret : le lieu de son enfance, là où règne le souvenir de ses parents décédés. Accueillie dans ce cocon de verdure par ses deux meilleurs amis, loin de Paris et de son rythme effréné, elle retrouve peu à peu le goût d’une vie légère, sans préoccupations autres que celles de redonner vie à ce lieu lointain en même temps qu’à la sienne. Portée par un projet audacieux de chambres d’hôtes, Hortense se redécouvre, se reconstruit pour arriver finalement à une situation que l’on attend pour elle depuis les premières pages du récit : son épanouissement total.

Malgré certaines tournures du récit attendues, ce nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand est un parcours de vie, une histoire dans laquelle on se retrouve et dont on ressort le cœur rempli d’espoir. On retrouve la plume fluide et très accessible de l’auteure qui porte son roman et nous permet d’accéder aisément à l’intériorité des personnages, notamment celle d’Hortense.

On comprend ses choix, on s’imagine à sa place d’autant plus si sa situation nous renvoie à la nôtre. La fragilité rend cette femme combattive et attachante : son parcours et la recherche de son bonheur deviennent notre. Si bien qu’une seule chose nous importe : tourner les pages pour en découvrir le dénouement, à savoir l’apaisement.

 

Un roman qui s’inscrit dans la veine de la littérature « feel good » : ces histoires qui, une fois racontées, nous apportent une certaine sérénité. Le parcours de ces personnages réalistes et touchants nous offre un moment agréable de lecture, rempli d’humanité.

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Les Secrets

Titre : Les Secrets

Auteur : Amélie Antoine

Genre : Littérature contemporaine

Editeur : Michel Lafon

Date de publication : mars 2018

Prix : 18,95€

Nombre de pages : 392

 

 

 

Résumé : Et si le mensonge était, parfois, une ultime preuve d’amour ? Vous l’aimez plus que tout au monde.
Vous lui faites aveuglément confiance. Vous ne rêvez que d’une chose : fonder une famille ensemble. Mais rien ne se passe comme prévu. Jusqu’où iriez-vous pour éviter de tout perdre ? 

Une histoire racontée à rebours, car il n’y a qu’en démêlant les fils du passé que l’on peut comprendre le présent.

 

Construit à l’envers, le nouveau roman d’Amélie Antoine étonne par sa forme. L’idée est de commencer l’histoire par la fin : après un temps qu’on imagine avoir été une éternité, l’héroïne obtient ce qu’elle désirait par-dessus tout, tomber enceinte. Le fonctionnement du récit est alors le même que celui d’un certain type de polar : après avoir dévoilé le coupable, on remonte le fil pour tenter de comprendre comment le crime est arrivé.

Moins de suspense toutefois dans Les Secrets qui, malgré le titre, n’est pas énigmatique, sauf peut-être pour les personnages masculins. Les points-de-vues alternent entre Mathilde et Yascha, et pourtant le récit reste centré autour d’elle. Qui est cette femme qui, tout en menant une double vie affective, semble tiraillée par un désir d’enfant qui ne s’accomplit pas ?

Malgré une histoire moins originale et moins sous tension que dans ses romans précédents, ce nouveau livre d’Amélie Antoine procure également un grand plaisir de lecture. Retranchée derrière une plume simple mais efficace, l’auteure dresse un portrait de femme complexe, distant, mais qui n’en demeure pas moins touchant. Son souci de détailler la psychologie des personnages est visible et finement réalisé, d’autant plus avec cette construction particulière du récit.

Le roman pourrait se lire dans un sens comme dans l’autre (l’éditeur ayant même joué le jeu de la pagination du livre !), les personnages seraient toujours aussi crédibles et compréhensibles. Toutefois, ce choix de déroulement de l’histoire à rebours rend l’écart entre les portraits de début et de fin et l’évolution de Mathilde et de Yascha d’autant plus marquantes.

Quant aux personnages secondaires qui gravitent autour des deux principaux, ils participent également à complexifier et renforcer les traits de caractère de chacun. Face à un mari amoureux et lucide, face à une très jeune mère de famille, Mathilde et Yascha se forgent malgré eux une personnalité dense qui – on s’en rend compte dans les dernières pages du livre – s’est fortement assumée et transformée au fil du temps.

Devant l’agencement particulier du récit, des points-de-vues et du temps, l’ironie se fait de plus en plus forte : elle lui cache toute sa vie, s’en construit une autre (qu’elle désire peut-être vraiment ?) tandis que lui a du mal à assumer et assurer un rôle que, de son côté, elle cherche désespérément à endosser : celui d’être parent.

 

Avec Les Secrets, Amélie Antoine signe un nouveau roman qui dénote par sa forme plus que par son histoire ou l’émotion qu’elle propose. Une grande qualité narrative demeure pourtant : une psychologie des personnages fine, précise et donc forcément touchante.

Merci aux éditions Michel Lafon pour la découverte de ce dernier livre d’Amélie Antoine !

 

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Appelle-moi par ton nom

Titre : Appelle-moi par ton nom

Auteur : André Aciman

Genre : Littérature contemporaine

Éditeur : Grasset

Date de publication : février 2018

Prix : 20,90€

Nombre de pages : 336

 

 

Résumé : Elio Perlman se souvient de l’été de ses 17 ans, à la fin des années quatre-vingt. Comme tous les ans, ses parents accueillent dans leur maison sur la côte italienne un jeune universitaire censé assister le père d’Elio, éminent professeur de littérature. Cette année l’invité sera Oliver, dont le charme et l’intelligence sautent aux yeux de tous. Au fil des jours qui passent au bord de la piscine, sur le court de tennis et à table où l’on se laisse aller à des joutes verbales enflammées, Elio se sent de plus en plus attiré par Oliver, tout en séduisant Marzia, la voisine. L’adolescent et le jeune professeur de philosophie s’apprivoisent et se fuient tour à tour, puis la confusion cède la place au désir et à la passion. Quand l’été se termine, Oliver repart aux États-Unis, et le père d’Elio lui fait savoir qu’il est loin de désapprouver cette relation singulière…

Quinze ans plus tard, Elio rend visite à Oliver en Nouvelle-Angleterre. Il est nerveux à l’idée de rencontrer la femme et les enfants de ce dernier, mais les deux hommes comprennent finalement que la mémoire transforme tout, même l’histoire d’un premier grand amour. Quelques années plus tard, ils se rendent ensemble à la maison en Italie où ils se sont aimés et évoquent la mémoire du père d’Elio, décédé depuis.

 

Publié pour la première fois en 2007 aux éditions de l’Olivier, le roman d’André Aciman connaît une seconde vie grâce à l’adaptation de son histoire au cinéma. Réédité chez Grasset en 2018, peu de temps avant la sortie du film, Call me by your name renaît sous un nouveau titre mais avec la même traduction française du texte.

Appelle-moi par ton nom est l’histoire d’une passion adolescente entre deux hommes que tout oppose : leur classe sociale, leur âge, et plus tard leur destin. Comme tous les étés, la famille  d’Elio, le jeune narrateur de 17 ans, passe ses vacances dans une maison de campagne, loin du rythme incessant du reste de l’année.

Dès l’ouverture du récit, le décor est planté : idyllique, reposant, atemporel. Jusqu’à ce qu’un invité arrive dans ce cadre pourtant reculé du reste du monde… Aussitôt fasciné par ce jeune étudiant, Elio nous livre avec une transparence insouciante le tumulte de ses sentiments, de ces nouveaux sentiments contradictoires qu’il ne maîtrise pas. Peu à peu, nous assistons à la découverte de la passion, de cet état incontrôlable, incompréhensible, qu’est la naissance de l’amour chez un adolescent. Les sentiments sont amplifiés, les réactions excessives ou inexistantes.

André Aciman nous raconte la passion, sous une plume au contraire contrôlée, dénuée de tout effluve narratif, avec un vocabulaire, une culture riche et précise. Composé en plusieurs parties pensées comme des chapitres, le récit progresse d’abord lentement,  telle une mimétique des sentiments naissants chez ce jeune narrateur qui ne comprend pas ce qui lui arrive.

Le lecteur, au contraire, peut saisir cet effet de style de la part de l’auteur, sans pourtant y adhérer : cette lenteur du rythme narratif peut perdre le lecteur autant que le fasciner. Mais n’est-ce pas là le propre de la passion ? Car avant tout contact physique commencent les premiers signes : les effleurements, les comportements incompris, les réactions démesurées. Avec cette rencontre inattendue, c’est lui-même qu’Elio découvre : la naissance de ses sentiments, son désir, sa sexualité… On assiste à l’épanouissement progressif d’un adolescent à travers une relation certes houleuse, mais qui le marquera pour le reste de sa vie.

 

Avec Appelle-moi par ton nom, André Aciman nous offre une belle histoire, sincère et touchante, sur le premier amour et la découverte du désir. Malgré cela, malgré cette description sincère et juste du tumulte qui règne chez l’adolescent, la dernière partie du récit est la découverte la plus intéressante du roman. Au désir, aux sentiments passionnels, se succèdent les années et, avec elles, arrive la nostalgie. La nostalgie de cet été plein de promesses et de découvertes qui restera, dans l’esprit du jeune narrateur devenu adulte autant que dans celui du lecteur, une période majestueuse.

Un grand merci aux éditions Grasset pour cette belle découverte ! Et, en attendant la sortie du film en salles, la bande annonce :

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Pactum salis

Titre : Pactum salis

Auteur : Olivier Bourdeaut

Genre : Littérature contemporaine

Éditeur : Finitude

Date de publication :janvier 2018

Prix : 18,50€

Nombre de pages : 256

 

 

 

Résumé : Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ». Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit. Liés à la fois par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s‘apprivoiser, au cœur des marais salants.

 

Ce fut l’un des succès retentissant de l’année 2016 : écoulé à plus de 500 000 exemplaires toutes éditions confondues, En attendant Bojangles a indéniablement fait rentrer son auteur dans le monde de la littérature. Car, plus encore que ce roman d’une émotion et d’une intensité à toute épreuve, on vient à croire que l’histoire de son auteur a grandement participé à l’écho du livre. Avec En attendant Bojangles, un écrivain est né.

De fait, comment composer « l’après Bojangles » ? Avec Pactum salis, Olivier Bourdeaut propose un second roman très différent du premier. Certes, on ne pourra empêcher les comparaisons et pour cause : on retrouve des similitudes qui font et entretiennent l’univers de l’auteur. A commencer par une écriture dansante, empreinte d’une certaine poésie. Toutefois, alors qu’elle apportait une grande légèreté à un sujet sombre, elle gagne cette fois-ci en intensité, en vocabulaire, en précision et assombrit une ambiance déjà pesante.

On délaisse le conte fantasque pour un récit violent et sensuel, plus ancré dans la réalité. Mais l’humour n’est jamais loin pour apporter un rayon de lumière et permettre au lecteur de prendre du recul sur certaines situations qui, jusqu’alors très sombres, prennent soudainement un tournant ridicule, burlesque. Le rire est toujours présent chez Olivier Bourdeaut, comme un frein à la noirceur du monde qu’il met habilement en scène.

Pactum salis est l’histoire d’une amitié, d’une inimitié, scellée par un pacte de sel. On ne saurait décrire la nature exacte de cette relation naissante entre deux hommes que tout oppose et qui vont se rencontrer au cœur de la Baule. L’un est paludier, aux tendances misanthropes, et vit en autarcie dans les marais salants ; l’autre est agent immobilier, parisien et au centre du monde y compris dans les endroits les plus reculés, comme Guérande. Deux personnalités fortes, aux antipodes l’une de l’autre, et qui finiront (ou pas) par s’accorder le temps de quelques jours.

Olivier Bourdeaut nous fait voyager dans un décor pittoresque qui séduit par son originalité et sa beauté. Mais cette tranquillité apparente va être bouleversée par l’arrivée d’un parisien effronté et, avec lui, la violence et les excès du monde. Pactum salis n’est pas seulement le récit d’une amitié chaotique entre deux hommes, c’est à travers elle un roman sur les relations humaines et la fatalité du monde qui les anime. On regrettera toutefois le grand bol d’émotions qui, porté par une écriture insouciante et poétique, faisait tout le charme d’En attendant Bojangles

 

Avec Pactum salis, Olivier Bourdeaut confirme la place d’écrivain qui lui avait été grandement attribuée lors de son premier roman. Une histoire originale, intense, empreinte d’un certain suspense, plantée dans un décor idyllique, et portée par une écriture à la fois dense, poétique et légère : tels sont les ingrédients qui façonnent le talent d’Olivier Bourdeaut qui, on l’espère, continuera à ravir des milliers de lecteurs.

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Farallon Islands

Titre : Farallon Islands

Auteur : Abby Geni

Genre : littérature contemporaine

Éditeur : Actes Sud

Date de publication : juin 2017

Prix : 22,80€

Nombre de pages : 384

 

 

 

 

 

Résumé : Au large de la Californie, sur une île inhabitée au cœur d’un archipel quasi inaccessible et livré aux caprices des vents, Miranda, jeune photographe spécialisée de la faune sauvage, découvre un monde parallèle aussi séduisant que terrifiant, où la menace vient tout autant de la spectaculaire hostilité de la nature que de l’étrange micro-communauté scientifique qui l’accueille. Abby Geni signe un premier roman comme un grand-huit des sensations, et pose un univers inoubliable, à mi-chemin entre David Vann et Laura Kasischke. 

 

Le ton est donné dès les premières phrases, les premiers mots employés. Le rythme d’écriture est haletant, sec, cassant, et offre ainsi une mimétique parfaite de l’ambiance tapissée par Abby Geni dans ce premier roman.

Consacré de prime abord à la découverte d’une île mystérieuse, le voyage réalisé par cette jeune photographe et l’équipe de biologistes qu’elle accompagne se transforme progressivement en un enchaînement de situations de survie. Férocité des animaux, magnificence et terreur des paysages, cette île semble regorger de secrets, constituant alors une aura qu’aucun des hommes ne parvient à percer. La richesse du travail des chercheurs provient directement de là : comment capter, comprendre ce lieu et les regards qu’il comporte ? Finalement, la photographie semble être le moyen le plus adéquat pour transporter et transformer les espèces naturelles présentes.

Mais ce qui provoque réellement le sentiment d’obscurité et de danger, ce sont les hommes plus que les rochers, les animaux ou encore les vagues. A la croisée des chemins entre Shutter Island de Dennis Lehane et les Dix petits nègres d’Agatha Christie, Farallon Islands suggère un univers étouffant, angoissant, voire agonisant dans lequel les disparitions et la violence rythment les journées de cette équipe scientifique.

Grâce à cette écriture elle-même porteuse d’une certaine terreur, l’auteure nous entraîne dans un tourbillon noir, qui tangue tantôt avec l’imaginaire d’une narratrice déboussolée, tantôt avec une frontière poreuse entre réalité et fantastique. On cherche à expliquer un enchaînement d’événements parfois scabreux : cette île est-elle à ce point mystérieuse, à ce point vivante, qu’elle réparerait elle-même les injustices des hommes qui l’habitent ?

Plus que l’endroit, le danger provient des personnages. Le recours à la focalisation interne dans la construction du récit participe à cette impression d’isolation et d’étouffement qui ressort de la lecture. Nous voyons, nous ressentons à travers la narratrice, Miranda. Située derrière l’objectif de son appareil, elle est dans une position d’observatrice du paysage et des personnes qui l’entourent.

Désir de retrait, de protection, elle va pourtant prendre pleinement conscience de son existence sur cette île suite à un événement malencontreux qui la poussera à (enfin) agir. Mais trouver sa place d’artiste et de femme dans cette communauté ultra restreinte se trouve finalement être beaucoup plus difficile que de s’accoutumer du lieu et du mode de vie qu’il impose. Le temps s’étire, les animaux domestiques sont exotiques, la nourriture affamante. Rien ne semble fonctionner comme de coutume sur cette île qui impose un rythme à la fois infernal et terriblement long, déconnecté du reste du monde. Même l’isolement que s’impose la narratrice dans sa chambre ne lui offre aucun répit, aucune respiration, et l’entraine malgré elle dans cette spirale infernale qui l’engloutit un peu plus chaque jour. Une seule question parcourt l’esprit du lecteur lorsqu’il parvient à se détacher de ce récit hypnotique : Miranda repartira-t-elle vivante de Farallon Islands ?

 

Abby Geni signe un premier roman terriblement intense, porté par une écriture originale et rythmée. Les mots s’enchaînent, les émotions aussi : on est fasciné par ce faux huis-clos qui abrite des personnages plus mystérieux et angoissants encore que le lieu titanesque sur lequel ils sont. Un grand coup de cœur !

 

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Quand on n’a que l’humour

Titre : Quand on n’a que l’humour

Auteur : Amélie Antoine

Genre : Littérature contemporaine

Editeur : Michel Lafon

Date de publication : mai 2017

Prix : 18,95€

Nombre de pages : 417

 

 

 

Résumé : C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter. Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.
Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage. C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent. Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension. Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.
C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

 

Après le succès inattendu de son roman Fidèle au poste, Amélie Antoine revient avec un récit tout aussi original que le précédent, dans lequel on voit se dessiner le style émouvant de la jeune auteure. Quand on a que l’humour est l’histoire d’un clown triste, l’histoire d’un homme qui passe sa vie à faire rire les autres pour éviter de pleurer la sienne.

Le roman s’organise en deux parties : la première consacrée à Edouard, cet homme qui force l’admiration des hommes venus rire avec lui, et la seconde accordée à son fils Arthur. Cette organisation duale du récit a quelque-chose de déstabilisant : alors qu’on suivait aisément les avancées et les retours dans le passé du célèbre Edouard Bresson, jusqu’à fusionner avec lui, la seconde partie s’ouvre effrontément par le point-de-vue de celui que l’on ne connaît pas encore.

Il faudra alors quelques lignes pour comprendre que ce père absent, déconnecté de la réalité qui est celle du narrateur n’est pas la figure paternelle autoritaire et incompatissante décrite par le jeune Edouard, mais bien Edouard lui-même, vu à travers les yeux de son propre fils. Le jeu se renverse, le temps bascule et notre clown préféré prend malgré lui la place qu’il a rejetée en bloc durant toute son existence : celle du père détesté.

La grande force d’Amélie Antoine se situe dans les portraits de ses personnages. Qualité déjà visible dans Fidèle au poste, elle est ici décuplée dans la relation complexe qui lie un père et son fils, et saisissante dans le portrait d’un artiste malheureux, malgré les apparences. D’une partie à l’autre, l’auteure provoque des sentiments et des réactions différentes chez le lecteur : alors que le récit d’Edouard engendre l’émotion, la compassion, celui d’Arthur est composé sur un effet de suspense, signe de cette touche policière chère à l’auteure.

Quand on a que l’humour n’est pas un roman policier et, pourtant, le récit nous propose une enquête à résoudre en même temps que le narrateur. Fidèle au genre toutefois, le voile sera levé sur le mystère qui régie cette seconde partie à la toute fin du roman. Après les hypothèses ratées, les doutes suggérés, le récit s’achève finalement sur un profond apaisement pour le narrateur et le lecteur qui garde le sourire aux lèvres en refermant le livre.

Malgré le changement de point-de-vue et d’ambiance au milieu du roman, Quand on a que l’humour nous raconte l’histoire d’un homme aujourd’hui célèbre, porté par un public léger mais exigeant et qui dissimule une intériorité et un passé plus sombres. Derrière la façade joyeuse et accessible se cache un homme gouverné par des choix de vie bancals. Après une enfance et une adolescence rudes, Edouard a enfin obtenu son Saint Graal : le respect et l’admiration des autres. Mais, une fois ce but ultime atteint, est-il finalement heureux ?

A travers ce portrait de clown triste, Amélie Antoine interroge, nuance, et nous questionne sur un enjeu philosophique et culturel : la célébrité et l’admiration du monde nous rend-t-elle heureux ? Référence à Jacques Brel, lui aussi une grande figure d’artiste, Quand on a que l’humour s’inscrit avec élégance et émotion dans la lignée de ces romans qui, grâce à la fiction et à une plume simple mais subtile, véhiculent émotions et questionnements sur le monde contemporain.

 

A la hauteur de son précédent récit, Amélie Antoine nous offre une fois de plus une histoire forte et touchante à travers des personnages terriblement attachants.

 

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J’ai toujours cette musique dans la tête

Titre : J’ai toujours cette musique dans la tête

Auteur : Agnès Martin-Lugand

Genre : Littérature contemporaine

Editeur : Michel Lafon

Date de publication : mars 2017

Prix : 18,95€

Nombre de pages : 361

 

 

 

Résumé : Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin. Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

 

Comme ses précédents titres, ce nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand était très attendu. On retrouve sa plume agréable et fluide qui porte une histoire dans laquelle l’inattendu vient se mêler au quotidien. Encore une fois, les personnages sont des hommes et des femmes qui lui ressemblent : la petite quarantaine, une vie de couple et de famille épanouie… Bref, un idéal de vie bourgeoise peint de façon convenue mais parlante.

Toutefois, J’ai toujours cette musique dans la tête possède une tonalité jusqu’alors inconnue chez cette auteure à succès : le suspense. Car sous cette apparence parfaite, on pressent un événement plus noir arriver, déjà amené par la quatrième de couverture du livre. Plus qu’un spoiler, cette annonce crée en réalité une tension permanente pendant la lecture. Quand et surtout comment le vernis de cette vie parfaite va-t-il s’effriter ?

Au fil des pages, l’auteure construit le récit de façon à endormir l’attention de ses personnages et, par extension, de ses lecteurs. Mais lorsqu’il tombe, très tardivement, le couperet n’est pas aussi spectaculaire que le trailer pouvait le laisser croire. Le moment de basculement se fait de façon brutale, violente, mais finalement peu crédible. La tombée du voile est impromptue et la période sombre, en proie au doute, est minimisée aussi bien dans le temps que dans l’action. Le récit se veut positif, résolu, et toute la tension dramatique suscitée pendant la moitié du roman retombe comme un soufflet.

Le schéma narratif de ce livre n’est pas sans rappeler un de ses contemporains : D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan. Alors que l’héroïne traverse une période de doute, un autre personnage vient s’intégrer doucement au cadre, apparaissant alors comme une personne providentielle, présente pour apporter une solution à cette situation de crise. Une fois intégré, il se rend progressivement indispensable, toujours sous couvert d’une bienveillance endormante, et arrive ainsi à susciter une confiance aveugle de la part de l’héroïne. Dans le roman d’Agnès Martin-Lugand, on est bien loin de cette dimension terrifiante amenée de façon subtile et spectaculaire par Delphine de Vigan… Pourtant, l’alternance des points-de-vues entre Véra et Yanis permettait également de plonger le lecteur dans le regard aveugle de ces deux victimes et endormir ainsi toute méfiance vis-à-vis du comportement des autres personnages.

 

Agnès Martin-Lugand nous surprend dans ce nouveau roman qui mêle une tension dramatique forte au quotidien embelli d’un couple solide. Mais le basculement final peut décevoir et inscrire cette auteure dans le paysage de la littérature française du divertissement.

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D’après une histoire vraie

Titre : D’après une histoire vraie

Auteur : Delphine de Vigan

Genre : Littérature contemporaine

Editeur : JC Lattès

Date de publication : août 2015

Prix : 20€

Nombre de pages : 484

 

 

 

Résumé : Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.
L. est le cauchemar de tout écrivain.Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.

 

Ce récit est l’histoire d’une relation opaque entre deux femmes : Delphine, double de l’auteure, et L., personnage énigmatique dont on ne connaît rien, même pas le nom. Sous une apparence bienveillante, elle s’insinue progressivement dans la vie de cette auteure, fragilisée par une panne d’écriture sévère.

Il ne se passe donc pas grand chose dans ce roman qui, pourtant, engendre une lecture hypnotique. Alors que Delphine ne mesure pas l’incidence de L. dans sa vie, très proche de la manipulation mentale, le lecteur se pense au contraire omniscient. Extérieur à l’histoire, il possède le recul nécessaire pour juger cette relation complexe. Cette impression de toute puissante est renforcée par le dénigrement du personnage envers lui-même qui ne cesse de mettre en avant son aveuglement face à l’emprise de L. Pourtant, jamais cette femme n’agit ostensiblement de manière malsaine. du moins si l’on en croit Delphine.

Car c’est là que réside toute la teneur psychologique de ce roman écrit à la première personne. Malgré le recul qui est accordé au lecteur, il est cantonné au point-de-vue de la narratrice et ne peut donc percevoir frontalement les intentions de L. On est donc constamment dans un jeu de funambule, à guetter un indice qui rompra l’équilibre insinué par cette femme mystérieuse. Sous couvert d’un énième récit autobiographique, D’après une histoire vraie s’établit en véritable thriller psychologique.

Delphine de Vigan ne se contente pas ici de décrire le réel : elle l’utilise, le questionne, le manipule. Situé dans la lignée du Misery de Stephen King qu’elle cite à plusieurs reprises, D’après une histoire vraie pose en arrière-plan du récit un débat de genre, celui de l’importance du réel dans la littérature. Alors que Delphine pense sortir de sa peur de la page blanche par la fiction, L. fait résonner en elle l’idée qu’aujourd’hui, la retranscription du réel est le seul but de la littérature. du moins, c’est ce qu’attendent ses lecteurs.

Au-delà du récit et de la manipulation mentale opérée par un personnage sur un autre, l’auteure s’interroge sur le travail de l’écrivain : est-il possible de dépasser les genres littéraires, de ne pas s’enfermer dans un seul au risque de froisser les lecteurs les plus assidus ? La part autobiographique d’un livre représente-t-il le seul intérêt de la littérature ? Autant de questions qui trouvent une réponse très tranchée dans la bouche de L. et qui, sous couvert d’aiguiller son amie dans sa création, la manipule et la fragilise encore plus.

A la lecture de ces moments plus critiques, on pense, on établit une opinion, et on participe malgré nous à l’établissement de l’intrigue. Une mise en abîme du récit réalisée de manière subtile, sans qu’on l’attende et qui fera surface de manière magistrale.

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